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Version complète: Max Dittrich, Oberbootsmannsmaat
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Voici le portrait de Max Dittrich, sous officier dans l'ubootwaffe.
Quitte à vous offrir une bio, j'ai choisi de vous faire connaître un sous off. au parcours exceptionnel plutôt qu'un As (dont je vous promet une bio de l'un d'entre eux et pas des moindres pour bientôt)...

Venons en à notre homme...

Max Dittrich:

Max Dittrich, né le 22 janvier 1921 à Rothwasser en Silésie, est un marin d'exception... En effet, il fait parti du cercle très fermé des survivants de l'ubootwaffe à avoir accompli plus de 616 jours de combat en mer!
Après les quelques lignes ci après, vous saurez de quelle façon ce jeune homme atteindra cet incroyable cumule à tout juste 24 ans...


Son entrée dans la Kriegsmarine
Très tôt attiré par le large, Max se heurtera au refus de son père, celui ci ne veut pas que son fils devienne marin. Contraint, il fini ses études et entame une formation de souffleur de verre dans l'industrie.
Après ses 6 mois à l' "Arbeitsdienste" (service du travail), il brave les interdits paternels et fini par s'engager, à 18 ans, dans la Kriegsmarine.

Simple matelot, il commence sa formation de base à la 11.Schiffsstammabteilung à Stralsund, sur la Baltique. Max Dittrich se porte rapidement volontaire pour l' Ubootwaffe et prolonge son engagement de 18 ans.
Il suit une formation d'hydrophoniste, et rajoute à ses compétence celle de canonnier (formation à Kiel).

Sa formation de sous-marinier au lieu à la 1.UAA de Pillau (UAA = U-Ausbildungsabteilung = unité d'entraînement de sous marins).
Pour Noël 1940, Dittrich obtiendra sa première permission et rentrera à la maison avec le grade de Matrosengefreiter (matelot 1ere classe).
Après les fêtes, il est affecté temporairement à l'équipage de l' U 203 et y suit une formation technique avant que celui ci ne parte en mission et que lui même ne soit ré-affecté de façon définitive à l' U 202.
Entre mars 1941 et juin 1941, se sont les entraînements dans la Baltique, le sous marin, un type VII C est commandé par le Kapitan Leutnan (Kptlt) Hans Heinz Linder.
Pendant cette période, Max Dittrich est fait Timonier de combat, tâche ardue car il est à la manœuvre et doit à la fois obéir aux ordres du pacha et les retransmettre. Il partage cette fonction avec celle de canonnier.
Une fois les entraînements terminés, le U 202, entame sa croisière inaugurale qui le conduit de kiel à son port d'affectation: Brest. Il fera parti de 1. U Flottille et son champs d'action sera l'Atlantique Nord.

Les patrouilles et missions spéciales:

La première patrouille:
La croisière inaugurale de Kiel à Brest. 17 juin 1941 au 23 juillet 1941.
Aucun navire détruit ou endommagé.

La seconde patrouille:
Patrouille menée avec le Gruppe Grönland et le Gruppe Markgaf. 11 août 1941 au 17 septembre 1941. Le U 202 est arrivé en vue du Groenland dans des conditions épouvantables. Le bâtiment subit sa première attaque aérienne. Deux fanions ornerons le périscope pour les succès obtenus.

La troisième patrouille:
Du 14 octobre au 13 novembre 1941. L' U 202 obtient deux autres succès et subit de nouveau des attaques aériennes.

Quatrième patrouille=Transfère en Méditerranée:
Le bâtiment doit être transféré en Méditerranée. Il quitte le port de Brest le 13 décembre 1941. Dans la nuit du 19, par temps clair, il tente de passer le détroit de Gibraltar ("La pucelle") lorsque qu'à 22h36, il est pris sous le feu d'un avion allié. Le U 202 plonge immédiatement mais il subit des avaries extrêmement sérieuses (tous les appareils de pilotage et l'éclairage intérieur sont HS). Le U boot coule tout doucement et va se poser par 90 m de fond (1). Les réparations commencent, une course contre la montre s'engage. Les sous marinniers qui ne sont pas à l'ouvrage, se posent au calme, respirant des cartouches d'air purifié au potassium. Environs 24h00 plus tard, le U 202 remonte à la surface, la poupe est sérieusement endommagée et le U boot rebrousse chemin pour rentrer à Brest.
Le 27 décembre, l'équipage épuisé arrive à bon port. Max Dittrich fera parti des heureux veinards à obtenir une permission.

La cinquième patrouille:
Du 01 mars au 24 avril 1942. L' U 202 obtient deux autres succès .

La sixième patrouille=Opération Pastorius:
Pastorious est une opération ultra secrète. Celle ci consiste à déposer des hommes spécialement entraîné par l'Abwehr pour des missions de renseignement et de sabotage en territoire US. Le U 202 doit déposer un commando à Long Island près de New York et le U 584 déposera un commando en Floride. Le U 202 appareille de Brest le 28 mai 1942 et arrive dans le nuit du 13 juin en vue de la côte américaine. Le brouillard qui est épais cette nuit là dois faciliter l'éxécution de la mission.

Le journal de bord du Kptlt Linder:
"(...) faisons route vers la côte à faible vitesse à l'aide des moteurs électriques, ballasts non chassés, le pont supérieur à environs 20 cm au dessus de la surface. Je continuerai ainsi jusqu'à ce que le bateau touche le fond. Ensuite, j'accomplierai la mission, chasserai aux ballasts pour quitter le fond et partir. Le bateau à touché le fond dans le secteur CA 2925. Impossible d'appercevoir la côte mais on peu clairement entendre le ressac. Il suffira au canot de suivre la direction du bruit. Ai attaché une ligne afin de le récupérer. Le canot gonflable est parti."

Max Dittrich raconte:
"Un membre de notre équipage est parti avec eux car nous avions l'intention de récupérer le canot gonflable. Pour faciliter sa récupération, je tenais une longue ligne attachée au canot. Quand notre homme dans le canot à indiquer par des signaux lumineux que les agents avaient été débarqués, j'ai commencé à tirer la ligne. Malheureusement, elle s'est défaite et notre homme fut alors contraint de pagayer. De temps à autre, il signalait sa position au moyen de signaux lumineux. Nous ne faisions rien qui eut pu attirer l'attention des gardes côtes. Le canot gonflable est passé très près du sous marin et nous avons pu l'aggriper juste à temps."

Le journal de bord indique encore:
"(...)canot récupéré. Sur la grève, un homme s'est approché avec une lampe mais nos gens l'ont manifestement neutralisé."

Ce que ne sait pas en réalité Linder, c'est que l'opération viens de capoter. Les agents, réussissent à échapper à un garde côte non armé mais Georg John Dasch, qui commande le commando, trahira et livrera au FBI toute l'opération y cis celle de Floride. Les saboteurs seront exécutés hormis Dasch et un autre homme.

Mais revenons en au U boot qui est toujours échoué sur le rivage...
Linder n'arrive pas à dégager son U boot, il est à environs 200 m de la grève et l'aube pointe son nez. Il faudra beaucoup de chance pour qu'il ne soit pas reperé jusqu'à ce que la marée montante ne le libère vers 09 h00 du matin! Linder ayant même fait placer des charges pour saborder le bâtiment au cas ou!
Le retour vers Brest n'épargnera pas plus les nerfs de nos matrosen, après avoir coulé deux navires, subit un grenadage de plusieurs heures et avoir plongé à 200 m, le U 202 arrive enfin à bon port le 25 juillet 1942...

Se sera la dernière patrouille de Linder à bord du U 202, celui-ci change de main et c'est le Kptlt Günther Poser qui deviens le pacha. Max Dittrich n'effectuera plus qu'une patrouille à son bord, la sèptième qui le conduira près des cotes du Brésil et de la Guyane. Deux navires seront coulés.

En décembre 1942, Dittrich fait ses adieux au sous marin sur lequel il s'est aguérri mais il ne sait pas encore qu'il ne revera plus ses anciens camarades et son commandant nouvellement affecté car il sera coulé 6 mois plus tard (le 2 juin 1943) dans l'atlantique nord.

Promu Bootsmannsmaat (Second maître), Dittrich est de retour à la 1 UAA de Plön. On le destine à une vie sédentaire, comme aide comptable lorsqu'il apprend que l'équipage du U 178 recrute. C'est un sous marin de nouvelle génération de type IXD2, et n'as pas encore une année de service. Le port d'affectation est Bordeaux. Le pacha est le Korvetenkapitän Wilhelm Dommes, un "experten" décoré de la RitterKreuz et du badge des U Boot.
Max est désigné 3ème artilleur et part le 28 mars 1943 pour l'Océan Indien et ne rentrera à Bordeaux que début juillet 1944!!! Une croisière qui durera plus d'un an et dont voici le détail du périple qui les menera de Bordeaux à Penang et de Penang à Bordeaux.

La course du U 178 débute donc le 28 mars 1943, en cours de route vers l'océan indien, il est ravitaillé par le "Charlotte Schliemann" puis devra lui même servir de "vache à lait" à un submersible Italien au début du mois d'août 1943. Les deux équipages ont la plus grande difficulté à fixer le tuyau de transfère.
Max Dittrich raconte:
"... l'état de la mer ne permettai pas de hisser le tuyau de gasoil à bord. Et la menace d'être repéré par des avions ennemis pendant ce temps là grandissait. La saisie du tuyau pernais trop de temps à mes yeux, j'ai sauté à l'eau, requins ou pas, et muni d'une gaffe à crochet j'ai nagé jusqu'au tuyau. Je l'ai gaffé et je me suis laissé ensuite laissé tirer par mes camardes qui m'ont récupéré à bord. Grâce cela, nous avons pu brancher le tuyau de transfert entre les deux sous marins. Ensuite, mon capitaine m'as filé un fameux cigare mais, d'un autre côté il était soulagé que le transfert ai pu enfin commencé..."

Après avoir coulé 6 navires, le Uboot arrive Penang (Malaisie) le 27 août. Il rallie ensuite Singapour où il est remis en état et ou le second, le Kptlt Sphar prend le commandement.

Il effectuera deux allé retour entre Penang et Singapour entre octobre et novembre 1943, puis reprendra la route vers Bordeaux le 27 novembre. A son bord, une cargaison précieuse: étain, caoutchouc et tungstène pour alimenter la machine de guerre Allemande complètement anémiée en matières premières... Le long retour du U 178 se fera essentiellement en surface et de nuit... Au moins 90 jours d'affilée.
Max Dittrich se souviens:
"...de l'équipe qui n'était pas de quart, seul un homme à la fois était autorisé à monter sur le pont pendant quelques minutes. Tous ceux qui voulaient fumer devaient le faire par l'ouverture du kiosque, y compris le capitaine. Pendant 90 jours d'affilée, nous n'avons pas vu la lumière du jour. Certains d'entre nous n'ont pas pu monter une seule fois sur le pont, même de nuit,..."

Le U Boot parviens à Bordeaux le 24 mai 1944. Notre Seemann aura le droit à une permission amplement méritée. Il retourne à Bordeaux en juillet 1944 et avec 6 autres membres d'équipages, Max Dittrich reçois la "Deutsch Kreuz in gold"(DKG) pour les 616 jours de mission en mer.
Cette dernière mission dans sud-est asiatique aura été une des plus longues de l'Ubootwaffe.

Max Dittrich ne reprendra pas la mer avec le U 178(2). L'avance alliée contraint nos matrosen à un retour en catastrophe par voie terrestre en Allemagne. Max rejoint la 1.UAA à Plön qu'il connaî bien. C'est un peu chaotique et s'ensuit une nouvelle permission générale afin de placer tout ce petit monde. A son retour, Dittrich est muté à la 2. ULD (Unterseebootslehrdivision = 2ème division d'instruction des sous-marins) de Gotenhafen (aujourd'hui Gdynia en Pologne). Il est censé suivre des cours de sous officier mais lui et ses compères seront mobilisés pour creuser des fossés anti-chars car l'Armée Rouge viens de rentrer en Prusse Orientale. La Wehrmacht bât le rappel, toutes les permissions sont annulées, Max doit repporter la date de son mariage, la situation est critique! Fin janvier 1945, l'école navale est évacuée. Il quitte la ville par la mer à midi le 30 janvier, il ne le sait pas encore mais les prochaines heures seront dramatiques, Max Dittrich viens d'emarquer sur le Wilhelm Gustloff. La plus grande catastrophe maritime de tous les temps va se dérouler, entre 9 000 et 10 000 personnes sont à son bord dont environs 4 000 enfants et adolescents. Civils, auxiliaires féminines et soldats se cotoient. La baltique grouille de sous marins soviètiques et à 22h00, le S13 du Capitaine Marinesko lance 3 torpilles des 4 qui sont chargées(3). Max Dittich, discute tranquillement avec 3 femmes dans l'Auditorium lorsque les 3 torpilles touchent le paquebot.
Max raconte comment le destin à fait de lui l'un des 996 miraculés qui ont survécu au nauffrage et au froid glacial (-18°c):
"... J'ai dit aux femmes de mettre leurs papiers en poche et de me suivre immédiatemment. Seul l'éclairage de secours fonctionnait encore. Nous nous sommes frayé un chemin jusqu'au pont supérieur. Les canots de sauvetage étaient déjà pleins à craquer. La seule chose qui restait pour les femmes étaient des radeaux de sauvetage. Il suffisait de les jeter à la baille et d'attendre qu'ils refassent surface et se stabilisent sur l'eau. J'ai aidé à mettre d'avantage de ces radeaux à la mer. Le navire gîtait à bâbord et s'enfonçait par l'arrière.
Puis j'ai pu moi même embarquer sur l'un des radeaux. J'ai alors hissé des rescapés sur le radeau jusqu'a ce qu'il soit plein. Plus tard j'ai vu passer un radeau vide qui dérivait tout près du nôtre. J'ai dit à un ami qu'il devrait sauter dessus, ce qu'il a fait. J'ai hissé une autre femme hors de l'eau, puis j'ai nagé jusqu'a l'autre radeau. Nous étions seuls sur celui ci et dérivions vers la haute mer. Mon ami sanglotait et semblait près à se laisser aller. Je le secouait donc fréquemment et durement. Je crois même que je l'ai frappé pour qu'il continue à bouger et qu'il garde ainsi sa température corporelle comme moi. Le "Wilhelm Gustloff" avait disparu. Nous avons continué à dériver, laissant derrière nous l'endroit ou avait sombré le paquebot. Trois ou quatre heures plus tard j'ai soudain aperçu un bâtiment de guerre. Il cherchait des survivants et les hissait à son bord. C'était le seul navire à faire usage de son projecteur de recherche; il illuminait toute la mer autour de lui. Il nous as pris dans son faisceau lumineux, ce qui nous as donné l'espoir d'être sauvés à notre tour. Et c'est ce qui est arrivé. Bien que transis, nous ne souffrions d'aucune gelure..."


Max viens donc d'être miraculeusement sauvé par le dragueur de mines M 375/TS 8 et gagnera Swinemünde le lendemain. Par la suite, lui et ses camarades qui ont été secourus irons d'abord à Kiel puis dans un camp de transit. Max Dittrich parviens à rentrer et se marie finalement le 29 mars 1945.
Les jours du IIIème Reich sont comptés. Il est envoyé à Glückstadt (à l'embouchure de l'Elbe) ou début avril des unités son formées pour participer à la défense de Berlin. Max Dittrich réagit promptement et réussi à éviter d'être envoyé en enfer:
"...pour éviter d'y être expédié et gagner du temps, je me suis porté volontaire pour rejoindre une unité antichar. Nous sommes d'abord arrivés à Sörup près de Flensberg et y avons reçu un entraînement de deux semaines. Peu de temps avant la fin de la guerre, nous avons été engagés au combat dans la banlieue de Hambourg, Bergedorf ou Reinickendorf. Quand les blindés britanniques sont arrivés, j'ai ordonné à mes hommes (ils étaient 14) de se coucher et de laisser passer les chars. Nous nous sommes ensuite rendus à l'infanterie britannique. Pour nous, la guerre était finie."

Max Dittrich sera fait prisonnier et retrouvera sa liberté le 17 septembre 1945. Il peut alors rejoindre son épouse et l'enfant qu'elle lui à donné...


(1): Pour ceux qui ont vu "DAS BOOT", ce passage leur rappellera certainement quelque chose.

(2): A partir du 20 août 1944, le U 178 ne reprendra plus la mer. Il sera retiré des opérations car on ne parviendra pas à remplacer ses batteries éléctriques. Pour éviter qu'il ne tombe aux mains des alliés, il sera sabordé le 25 août.

(3): Les torpilles lancées sur le paquebot étaient baptisées.
L'une était "pour la mère patrie", l'autre "pour le peuple soviétique" et la dernière "pour Léningrad". La première pulvérise le compartiment de l'équipage à l'avant. La seconde détonne juste en dessous de la piscine où des dizaines d'auxiliaires féminines de l'armée ont trouvé refuge. La troisième explose dans la salle des machines, plongeant instantanément le bâtiment dans le noir.

Sources:
- Source principale: Revue allemande Uboot Im focus. N°3 (2008), traduction française. Article de Wolfgang Ockert.
- Liens hypertextes: U Boat.net , Wikipédia et Uboot.fr

J'espère que ce portrait d'un type presque ordinnaire au parcours exceptionnel vous aura plus.
Oh oui , sensationnelle son histoire et un bol étonnant .
Merci au p'tit cochon pour cette très belle histoire, comme quoi....on peut survivre à la guerre sous diverses coutures
superbe histoire hansi, le gars a eu une veine pas croyable

Eddy a écrit :
superbe histoire hansi, le gars a eu une veine pas croyable


Oui, ne serai se que par son parcours dans l'ubootwaffe, 616 jours de combat alors que beaucoup n'ont pas fait plus que 2 ou 3 patrouilles... Et puis avoir touché le fond dans le détroit de Gibraltar, être descendu à -200 pour échapper aux grenadages... Il en à des souvenirs à raconter le vieux marin

Content que cela vous plaise...Big Grin

A+

Super portrait !! Il a eu de la chance d'etre des premiers combats de l'Ubootwaffe !!
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