12-01-2009, 12:53
Bonjour à tous,
J'ai retrouvé dans mon DD, des photographies de la batterie de Crisbecq (Manche) près de St Marcouf de l'Isle. Si vous allez dans la région... j'espère que cela vous donnera l'envie d'y aller !
Le texte ci-après provient du site officiel : http://www.batterie-marcouf.com
En décembre 1941, le terrain pour la position défensive allemande est choisi. Ce terrain est situé en légère pente au-dessus du hameau de Crisbecq à 700 mètres de Saint Marcouf. et à 2 800 mètres de la mer. De là, s'étant un point de vue exceptionnel sur le secteur de Saint Vaast la Hougue à la Pointe du Hoc. La construction de la batterie peut commencer, elle sera supervisée par l'Organisation TODT qui installa son PC au château de Germiny à Saint Marcouf de l'Isle. De manière ininterrompue, des camions, chargés de matériels lourd, de sable, de gravier, de sacs de ciment, de fers à bétons, sillonnent les routes jusqu'à la batterie de Crisbecq. Le ciment et le matériel de construction nécessaire au chantier proviennent du dépôt de l'Organisation TODT situé au Ham (commune voisine de Montebourg) à environ 10 Km. Tout arrive sur voies ferrées pour transporter au plus près et au plus vite le matériel pour l'avancement de la batterie. Le chantier s'accroît constamment. La construction a duré de 1942 à 1944, mais un élement a toujours freiner l'avancement : Les bombardements alliés. En effet les attaques aériennes détruisaient ce qui avait été entrepris donc les travailleurs devaient sans cesse recommencé et remettre en état ce qui n'était plus opérationnel. Pendant le temps de la construction, la nuit, le passage par la route de liaison d'Azeville à Crisbecq est bloqué par de grandes portes belges en acier. Il y a quelques passages occupés par des sentinelles armées. Le personnel de la batterie a ses quartiers dans les abris mais aussi dans de nombreuses maisons privées de Saint Marcouf et de Crisbecq.
En début de l'année 1942, 5 grands encuvements circulaires bétonnés, profond de 1,5m ont déjà été réalisés. Ils seront équipés en quelques semaines de canon de 155mm. En mai 1943 : l'Organisation TODT construit un vaste bunker du Regelbau 621 qui sert de poste de soin, et 2 autres types R622 dans lesquels des gardes ont leur cantonnement. Les bunkers et abris, par leurs positions à moitié enterrés sont sûr et sont reliés les uns aux autres par des tranchées de 2 mètres de profondeur.
Le generalfeldmarschall Erwin ROMMEL a la mission confiée par Hitler, de contrôler la réalisation de ce que le ministre de la propagande du Reich, Goebbels, avait désigné sous le nom de Mur de l'Atlantique. Lorsqu'il inspecte la 3ème batterie du Heeres-Küsten-Artillerie-Regiment 1261, il se rend compte que son terrain est idéal pour une batterie de marine (MKB). Rommel fait édifié sur le terrain des installations pour une batterie côtière de la marine et il ordonne la construction de grandes casemates pouvant abriter de longs canons de 210mm pour une meilleure défense de cette région qu'il estime menacée. C'est l'un de ses premiers ordres en tant que chef de la Heeresgruppe B. Il édifie la plus grosse et la plus puissante batterie de tout ce secteur de la baie de seine (le futur secteur de débarquement appelé Utah Beach par les américains) ici à Crisbecq. Il s'agit de la MKB-Marcouf. Des prisonniers de guerre du front de l'Est sont engagés sur ce grand chantier, ainsi que des personnes déportées pour motif politique et des travailleurs forcés. Pour accélerer les travaux de terrassement Rommel fait venir des travailleurs auxiliaires de Paris et de Bretagne qui pour des raisons de sécurité, restent consignés sur le chantier et son secteur.
Depuis le 1er février 1941, l'oberleutnant zur See Walter Ohmsen est le commandant de la MKB Marcouf. Ce père de famille, âgé de 32 ans est un homme décidé, dur et ambitieux. Il prendra ses quartiers dans le château de Fontenay. Il a la réputation d'avoir le coeur dur auprès de ses soldats mais aussi auprès de la population française envers laquelle Ohmsen témoignait d'une implacable dureté. Il a sous ses ordres 2 officiers; 24 sous-officiers; 287 hommes de troupe. L'âge moyen des hommes de la batterie est de 32 ans. L'oberleutnant Walter Ohmsen recevra la Ritterkreuse des Eisernes Kreuzes (RK) le 14 juin 1944 pour la bonne tenue au combat de sa batterie face au débarquement allié.
Au début du mois d'avril 1944, la première des quatres puissantes pièces de 21cm, avec son long canon est transportée de Fontenay à la MKB Marcouf. Il s'agit d'un canon tchèque de type K39/41 au tube mesurant 11,46 mètres fabriqué par les usines SKODA. Cette grosse pièce de marine a une portée maximale de 33 kms. Une fois installé, il peut atteindre des objectifs marins depuis cette position. Le canon avait un débattement de 120° dans l'embrassure. Le 1er tir de canon 210 eut lieu le 19 avril 1944 mais suite à une erreur de pointage, l'obus tombe dans le village des Goujins en contrebas. Pour éviter un autre accident, une mire sera déposée sur une butte de terre en avant de la casemate afin de ne pas tirer en dessous de ce niveau. La batterie possède différents canons de 75mm Flak Français, 20mm Flak, 155mm Français et donc des 210mm Tchèque. Le matin du 6 juin 1944, ces grosses pièces d'artillerie ouvre le feu sur les destroyers américains. Le 210mm de la batterie Marcouf appelé Crisbecq par les soldats US, attaque le destroyer "CORRY" et le touche à plusieurs reprises. Ce dernier coulera vers 6h33 du matin. Le débarquement a commencé... Mais qu'en est-il à la batterie?
Le commandant Ohmsen vient au télémètre peu avant 5h, à ce moment se déchire le rideau de brouillard artificiel derrière lequel se cachait la plus grande armada de tous les temps. Ohmsen téléphone aussitôt au Seekommandant à Cherbourg : "Il y a devant nous plusieurs centaines d'unités navales. Avons-nous des navires en mer?" La réponse fut : "Ce ne sont pas nos navires." Ohmsen demande la permission d'ouvrir le feu, elle lui est accordée et il reçoit la recommandation d'être économe en munitions. Il ordonne à tous les chefs des canons de 21cm " A toute les pièces - Ouvrez le feu!" La bataille est lancée, un destroyer est coulé et la batterie va vivre ses dernières heures. Mais pas sans se défendre. Le 7 juin, les Gi's américains de la 4ème Division d'Infanterie entament leur progression vers la batterie. Ils arriveront à pénétrer dans Saint Marcouf mais pas encore dans la batterie. Pendant ce temps, les soldats allemands arrivent à remettre en état la pièce de 210mm mise hors d'usage par les destroyers US durant la nuit. Le 8 juin, les Alliés prennent une partie de la batterie, les allemands se replient dans les blockhaus et Ohmsen demande à la batterie d'Azeville de bombarder sa position afin de faire fuir les américains. Ce qui fonctionne puisque les soldats US se dispersent en désordre. Jusqu'au 12 juin cette position sera toujours en défense et les américains la retrouveront vide que ce jour car Ohmsen et les survivants auront évacuer les lieux pour rejoindre leur ligne quelques kilomètres plus loin. C'est donc après de lourd combat et beaucoup de vies perdues que les Alliés gagneront les lieux. En effet les soldats allemands ont fait preuve d'une grande combativité et résistance.
J'ai retrouvé dans mon DD, des photographies de la batterie de Crisbecq (Manche) près de St Marcouf de l'Isle. Si vous allez dans la région... j'espère que cela vous donnera l'envie d'y aller !

Le texte ci-après provient du site officiel : http://www.batterie-marcouf.com
En décembre 1941, le terrain pour la position défensive allemande est choisi. Ce terrain est situé en légère pente au-dessus du hameau de Crisbecq à 700 mètres de Saint Marcouf. et à 2 800 mètres de la mer. De là, s'étant un point de vue exceptionnel sur le secteur de Saint Vaast la Hougue à la Pointe du Hoc. La construction de la batterie peut commencer, elle sera supervisée par l'Organisation TODT qui installa son PC au château de Germiny à Saint Marcouf de l'Isle. De manière ininterrompue, des camions, chargés de matériels lourd, de sable, de gravier, de sacs de ciment, de fers à bétons, sillonnent les routes jusqu'à la batterie de Crisbecq. Le ciment et le matériel de construction nécessaire au chantier proviennent du dépôt de l'Organisation TODT situé au Ham (commune voisine de Montebourg) à environ 10 Km. Tout arrive sur voies ferrées pour transporter au plus près et au plus vite le matériel pour l'avancement de la batterie. Le chantier s'accroît constamment. La construction a duré de 1942 à 1944, mais un élement a toujours freiner l'avancement : Les bombardements alliés. En effet les attaques aériennes détruisaient ce qui avait été entrepris donc les travailleurs devaient sans cesse recommencé et remettre en état ce qui n'était plus opérationnel. Pendant le temps de la construction, la nuit, le passage par la route de liaison d'Azeville à Crisbecq est bloqué par de grandes portes belges en acier. Il y a quelques passages occupés par des sentinelles armées. Le personnel de la batterie a ses quartiers dans les abris mais aussi dans de nombreuses maisons privées de Saint Marcouf et de Crisbecq.
En début de l'année 1942, 5 grands encuvements circulaires bétonnés, profond de 1,5m ont déjà été réalisés. Ils seront équipés en quelques semaines de canon de 155mm. En mai 1943 : l'Organisation TODT construit un vaste bunker du Regelbau 621 qui sert de poste de soin, et 2 autres types R622 dans lesquels des gardes ont leur cantonnement. Les bunkers et abris, par leurs positions à moitié enterrés sont sûr et sont reliés les uns aux autres par des tranchées de 2 mètres de profondeur.
Le generalfeldmarschall Erwin ROMMEL a la mission confiée par Hitler, de contrôler la réalisation de ce que le ministre de la propagande du Reich, Goebbels, avait désigné sous le nom de Mur de l'Atlantique. Lorsqu'il inspecte la 3ème batterie du Heeres-Küsten-Artillerie-Regiment 1261, il se rend compte que son terrain est idéal pour une batterie de marine (MKB). Rommel fait édifié sur le terrain des installations pour une batterie côtière de la marine et il ordonne la construction de grandes casemates pouvant abriter de longs canons de 210mm pour une meilleure défense de cette région qu'il estime menacée. C'est l'un de ses premiers ordres en tant que chef de la Heeresgruppe B. Il édifie la plus grosse et la plus puissante batterie de tout ce secteur de la baie de seine (le futur secteur de débarquement appelé Utah Beach par les américains) ici à Crisbecq. Il s'agit de la MKB-Marcouf. Des prisonniers de guerre du front de l'Est sont engagés sur ce grand chantier, ainsi que des personnes déportées pour motif politique et des travailleurs forcés. Pour accélerer les travaux de terrassement Rommel fait venir des travailleurs auxiliaires de Paris et de Bretagne qui pour des raisons de sécurité, restent consignés sur le chantier et son secteur.
Depuis le 1er février 1941, l'oberleutnant zur See Walter Ohmsen est le commandant de la MKB Marcouf. Ce père de famille, âgé de 32 ans est un homme décidé, dur et ambitieux. Il prendra ses quartiers dans le château de Fontenay. Il a la réputation d'avoir le coeur dur auprès de ses soldats mais aussi auprès de la population française envers laquelle Ohmsen témoignait d'une implacable dureté. Il a sous ses ordres 2 officiers; 24 sous-officiers; 287 hommes de troupe. L'âge moyen des hommes de la batterie est de 32 ans. L'oberleutnant Walter Ohmsen recevra la Ritterkreuse des Eisernes Kreuzes (RK) le 14 juin 1944 pour la bonne tenue au combat de sa batterie face au débarquement allié.
Au début du mois d'avril 1944, la première des quatres puissantes pièces de 21cm, avec son long canon est transportée de Fontenay à la MKB Marcouf. Il s'agit d'un canon tchèque de type K39/41 au tube mesurant 11,46 mètres fabriqué par les usines SKODA. Cette grosse pièce de marine a une portée maximale de 33 kms. Une fois installé, il peut atteindre des objectifs marins depuis cette position. Le canon avait un débattement de 120° dans l'embrassure. Le 1er tir de canon 210 eut lieu le 19 avril 1944 mais suite à une erreur de pointage, l'obus tombe dans le village des Goujins en contrebas. Pour éviter un autre accident, une mire sera déposée sur une butte de terre en avant de la casemate afin de ne pas tirer en dessous de ce niveau. La batterie possède différents canons de 75mm Flak Français, 20mm Flak, 155mm Français et donc des 210mm Tchèque. Le matin du 6 juin 1944, ces grosses pièces d'artillerie ouvre le feu sur les destroyers américains. Le 210mm de la batterie Marcouf appelé Crisbecq par les soldats US, attaque le destroyer "CORRY" et le touche à plusieurs reprises. Ce dernier coulera vers 6h33 du matin. Le débarquement a commencé... Mais qu'en est-il à la batterie?
Le commandant Ohmsen vient au télémètre peu avant 5h, à ce moment se déchire le rideau de brouillard artificiel derrière lequel se cachait la plus grande armada de tous les temps. Ohmsen téléphone aussitôt au Seekommandant à Cherbourg : "Il y a devant nous plusieurs centaines d'unités navales. Avons-nous des navires en mer?" La réponse fut : "Ce ne sont pas nos navires." Ohmsen demande la permission d'ouvrir le feu, elle lui est accordée et il reçoit la recommandation d'être économe en munitions. Il ordonne à tous les chefs des canons de 21cm " A toute les pièces - Ouvrez le feu!" La bataille est lancée, un destroyer est coulé et la batterie va vivre ses dernières heures. Mais pas sans se défendre. Le 7 juin, les Gi's américains de la 4ème Division d'Infanterie entament leur progression vers la batterie. Ils arriveront à pénétrer dans Saint Marcouf mais pas encore dans la batterie. Pendant ce temps, les soldats allemands arrivent à remettre en état la pièce de 210mm mise hors d'usage par les destroyers US durant la nuit. Le 8 juin, les Alliés prennent une partie de la batterie, les allemands se replient dans les blockhaus et Ohmsen demande à la batterie d'Azeville de bombarder sa position afin de faire fuir les américains. Ce qui fonctionne puisque les soldats US se dispersent en désordre. Jusqu'au 12 juin cette position sera toujours en défense et les américains la retrouveront vide que ce jour car Ohmsen et les survivants auront évacuer les lieux pour rejoindre leur ligne quelques kilomètres plus loin. C'est donc après de lourd combat et beaucoup de vies perdues que les Alliés gagneront les lieux. En effet les soldats allemands ont fait preuve d'une grande combativité et résistance.