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Les snipers allemands en Normandie.

Après le débarquement en Normandie, plusieurs mois de combats sanglants ont eu lieu avant la retraite désordonnée allemande, et si plusieurs branches de l’armée allemande se sont distinguées durant cette période, les snipers allemands méritent bien un article à eux seuls.

Le rôle des snipers était bien sûr d’éliminer le personnel « important » ennemi tel que les officiers et sous officiers, les observateurs de l’artillerie, les radios etc… mais également de servir d’avant poste d’observation en collectant les informations presque au cœur du dispositif ennemi. Un autre aspect de leur rôle et au combien important était l’effet démoralisateur de ceux-ci sur les forces adverses. Certains rapports mentionnaient que 50% des dommages subits par certains bataillons d’infanterie alliés étaient causés par les snipers allemands. Le fanatisme dont faisaient preuve ces snipers et la précision de leurs tirs contribuèrent à forger cette peur chez les alliés qui les redoutaient plus que n’importe quelle branche de la Wehrmacht.

Le 7 juin à 17h00, le Royal Ulster Rifles reçu l’ordre de prendre position à Cambes un petit village à 10 kilomètres des plages. Vu la foret dense et le mur de pierre qui entouraient la localité, il n’était pas aisé d’observer les positions ennemies à l’intérieure de celle-ci mais tout indiquait que cette position ne devait être que faiblement défendue. La compagnie D sous les ordres du capitaine Aldworth aidée par une unité blindée tentèrent de s’emparée du village mais une fois aux abords de celui-ci, ils rencontrèrent un feu ennemi nourrit venant de mortiers et de tirs de snipers. Devant cette résistance inattendue, la compagnie se divisa en deux parties pour mener l’attaque en deux endroits distincts, mais elles se heurtèrent toutes deux à des tirs de mitrailleuses qui paralysèrent totalement l’avancée alliée. Tout infirmier qui tentait d’approcher les blessés était aussitôt abattu par les snipers allemands. Les blindés quant à eux ne pouvaient soutenir l’avance de l’infanterie car le mur d’enceinte du village empêchait toutes manœuvres. Le capitaine Aldworth fut mortellement touché par un sniper et portait à 14 le nombres de tués coté allié, l’officier qui devait le remplacer reçu lui aussi une balle aussitôt après et décision fût prise d’abandonner la mission. Ce n’est qu’après un intense bombardement de l’artillerie que le village pourra être enlevé aux forces allemandes.

Au matin du 9 juin, des éléments avancés d’un bataillon d’infanterie s’approchèrent des environs de Caen, le lieutenant Burges sécurisa le village de St-Julien au nord ouest de Caen et se dirigea vers la ville elle-même. Mais si jusque là la résistance allemande n’avait pas vraiment montré de férocité au combat, un tir bien ajusté atteignit le lieutenant Burges à la tête, et deux sous-officiers de la patrouille allaient être mortellement touchés forçant la patrouille à battre en retraite.

Beaucoup de snipers allemands provenaient de la Hitlerjugend où ils avaient reçu un entrainement spécifique aux tireurs d’élite, déjà avant la guerre la Hitlerjugend s’entrainait à cette discipline avec des armes de petits calibre. Regroupés en panzer division durant la guerre, les jeunes de la Hitlerjugend encadrés par des officiers de la Leibstandarte SS Adolf Hitler allaient connaitre à Caen leur baptême du feu.

La ville de Caen était un terrain idéal pour les snipers allemands, qui, en relation avec l’artillerie, rendaient la prise de la ville extrêmement délicate. Les Britanniques et les Canadiens payaient chèrement chaque mètre de terrain pris à l’adversaire. C’est à Caen que le célèbre Gefreiter Kurt Spengler allait se distinguer. Il abattit un nombre important d’officiers et de sous-officiers bien dissimulé au milieu d’un énorme champs de mines, il sera finalement tué sous un feu intense de l’artillerie alliée destiné à l’en déloger.

Le 26 juin, le Pionier Pelzmann de la 12SS était positionné sous un petit arbre derrière une plaque blindée provenant d’un Panzer IV recouverte de branchage le rendant invisible et à l’abri des tirs ennemis. Après avoir abattu un grand nombre de soldats alliés, il tomba à cours de munitions et sorti de son abri, il brisa son arme et sa lunette contre l’arbre avant de crier en direction des soldats britanniques : « Voilà je n’ai plus de munitions pour tous vous abattre, vous pouvez me tuer maintenant ». Un grand anglais aux cheveux roux s’approcha alors de Pelzmann, l’agrippa par le bras et posa son revolver contre la tête du sniper avant de tirer. Pelzmann tomba lourdement sur le sol. L’Oberschärfuhrer Ernest Berhens qui assista à la scène parmis un groupe de prisonnier allemand rapporta qu’il compta pas moins de 30 soldats britanniques morts devant la position de Pelzmann.

Un soldat anglais qui avant et après la guerre était un boxer professionnel, Percy Lewis confia qu’il assista à une exécution sommaire d’un sniper allemand par un soldat dont son frère avait été abattu par un sniper la veille. Le traitement sévère qui était réservé aux snipers allemands sur le front de l’ouest résultait de la terreur qu’ils infligeaient du côté allié.

Cette mauvaise rencontre avec les snipers allemands allait aller en grandissant plus durait le conflit et bientôt de nouvelles techniques pour éviter les tirs de snipers allaient voir le jour. Ainsi, il était maintenant ordonné aux patrouilles de se déplacer accroupi voir en rampant lorsqu’ils étaient à découvert, les grades allaient être enlevés de l’uniforme, le salut aux supérieurs était maintenant proscrit en patrouille et on ne mentionnait plus le grade de son interlocuteur. La peur des snipers était telle que certaines rumeurs ou légendes allaient voir le jour, l’une d’elle prétendait notamment que des femmes françaises collaborant au régime nazi, se seraient glissées derrière les lignes alliées afin d’abattre ceux-ci dans leur dos.

Le bocage normand était le meilleur terrain possible pour les snipers, la végétation est telle que ceux-ci pouvaient changer de place après chaque tir sans révéler sa position, de plus il n’y avait parfois qu’une centaine de mètres entre deux haies ce qui laissait toutes ces chances à un sniper peu expérimenté. En règle générale, les tirs de snipers étaient distants de 300 à 400 mètres mais certains snipers parvenaient à atteindre leur cible à 800 mètres, on comprend aisément le sentiment de malaise qui pouvait courir parmi l’infanterie alliée. Certains snipers se laissaient volontairement dépassés par l’avance alliée afin d’harasser celles-ci sur leurs arrières. Le sort d’un sniper allemand à cours de munitions dans le camps allié n’était cependant pas enviable et se terminait souvent par la mort de ce dernier.

Un correspondant de guerre américain Ernie Pyle rapporta : « il y avait des snipers partout ! ils étaient dans les arbres, dans les buildings, dans les champs et les carcasses de chars détruits, mais ils étaient surtout dans les hautes haies du bocage qui bordaient tous les terrains et les chemins normands ».

Un sniper allemand capturé, fut interrogé afin de découvrir comment ils arrivaient toujours à tirer sur les officiers britanniques alors que ceux-ci portaient maintenant des uniformes sans grades ni marques spéciales. Le sniper répondit qu’il visait simplement celui de la patrouille qui portait une moustache. En effet, il était courant de voir les officiers britanniques parés d’une moustache, ce qui fut aussitôt interdit par une directive du haut commandement.

Une autre erreur commise par les patrouilles alliées au début de la campagne de Normandie était de se mettre à terre lorsqu’un sniper était entendu, les recrues ne voulaient plus bouger car passer de haies en haies coûtait la vie d’un soldat presque à chaque fois, cependant le fait de se mettre à terre et ne plus bouger, coûtait la vie de tous les soldats un après l’autre, rendant le tir encore plus facile vu l’immobilité de la cible.

Courant 1944, les snipers vont recevoir une série de consignes et de matériel leur permettant d’accroître leur efficacité, notamment la réception de nouvelles armes spécialement étudiées pour le tir de haute précision et des tenues camouflées beaucoup plus efficace. Himmler lui-même va beaucoup contribuer à l’équipement et la formation des snipers dont le nombre va aller grandissant avec la création des nouvelles grenadiers et volksgrenadiers divisions.

Les statistiques du conflit révélèrent que 25.000 balles étaient tirer pour une qui touchait sa cible, chez les snipers, la moyenne était de 3 balles tirées pour une victime, on comprend mieux pourquoi les alliés étaient si apeurés par les snipers allemands.

Les dix règles du sniper allemand instaurées en 1944 :

1- Combattez fanatiquement.
2- Tirez détendus, les tirs rapides n’aboutissent nul part, prenez le temps de viser.
3- Votre pire ennemi est le sniper ennemi, éliminez le avant qu’il ne le fasse.
4- Ne tirez qu’une cartouche de votre position si vous ne voulez pas être découvert.
5- Utilisez un rempart prolonge votre vie.
6- Entraînez-vous à l’estimation des distances
7- Devenez un maître du camouflage et utilisez les artifices du terrain à bon usage.
8- Entraînez-vous toujours au tir, sur le front ou en arrière.
9- Ne laissez jamais votre arme tomber aux mains de l’ennemi.
10- La survie c’est 9/10 du temps en camouflage pour 1/10 de tir.

CapitaineBugelli

Tres interessant.Ca explique pouruqoi il on volontairement laisser des sniper derriere les ligne.Je n'avais avant jamais comprit cette tactique maintenant ca me parait plus clair:Il en avait beaucoup!
Article vraiment interessent. Mais j'ai une question, quelle sont ses nouvelles armes spécialement étudier pour le sniper ?
slt
merci a toi pour cet article!!!!superbe temoignages.
cdt
tony
Je pense d'abord à l'arrivée du Gewehr 43 équipé de sa lunette, mais c'est la systématisation de la lunette en général. Car on fait trop souvent l'amalgame entre les termes anglais de sniper et sharpshooter, à la base un sniper est un tireur isolé a ne pas confondre avec un tireur d'élite. Certains sniper en normandie n'étaient pas équipés de lunettes, mais avaient de la précision dans leur tirs.


Ah ok, je savais pas, merci Smile

charlie

Bonjour,
Passionnant cet article! Merci beaucoup à toi cher ami!
Charlie
Au juste les tireurs d'élites étaient dans quelles sortes d'unitées? Je précise, Avait-il un tireur dans chaque compagnie?Ou avait-il uen sections de tieurs d'élite dans un régiment? Ou... Je sais pas si vous comprenez!Toungue
Difficile de répondre à ta question parce qu’il n’existait pas réellement de statut propre aux snipers, ils étaient intégrés dans les compagnies d’infanterie et je n’ai lu nulle part qu’il existait des sections spéciales. A partir de 1944 comme je le disais, des consignes leur ont été attribuées et ont été revues et ils ont reçu un matériel spécifique. Les snipers devaient former des binômes comprenant 1 tireur et 1 observateur, mais une fois n’est pas coutume dans l’armée allemande, il n’était pas rare de voir des snipers évoluant seuls d’une part et des équipes de 6 à 12 snipers un peu à la manière des russes d’autre part. Par contre, normalement 1 fusil a lunette devait être attribué à un membre par section normale d'infanterie, mais ceux-ci n’étaient pas pour autant des snipers et n’avaient pas reçu de formation spécifique à cette tâche, ils étaient là pour aider l’infanterie dans leur progression, en neutralisant une mitrailleuse lourde ennemie etc…

Voici l’emblème des snipers le Scharfschützenabzeichen qui fut instauré le 22 aout 1944 et qui était attribué en 3 classes, pour respectivement 20 ; 40 et 60 ennemis abattus. Ceci dit, comme je le disais plus haut dans l’article, les snipers qui tombaient entre les mains des alliés avaient un sort peu enviable, de ce fait ce badge n’était pratiquement pas porté mais l’obtention de celui-ci était indiqué dans le soldbuch

Super article, vraiment! Je ne pensais pas que les sniper allemands avaient été aussi actifs en Normandie! Les performances de mecs comme Pelzmann ou encore Spengler m'étaient complétement inconnues, merci de me les avoir révélé!Cool
Article superbement interessant

Merci pour cette recherche
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