Croix de Fer Forum

Version complète: La résistance dans mon village [ OLONZAC ]
Vous regardez actuellement la version basse qualité d'un document. Voir la version complète avec le bon formatage.
Voilà les infos que j'ai trouvé sur les actes de résistances dans le canton d'Olonzac ( Département de l'Hérault ).

F.F.I. MINERVOIS CABARDES
août 1944 - Août 1984

Mon grand-père reçut le document qui suit en août 1984, en préface il est dit de le conserver dans sa famille comme le témoignage d'un grand moment de l'Histoire de notre Petit Pays . Je pense que l'on peut faire mieux que de le garder pour soi en le mettant à la vue de tout le monde . Ce document donc n'est autre que la copie du rapport manuscrit rédigé par le commandant Henri Bousquet au mois de septembre 1944 relatant les opérations effectuées entre le 1er mai et le 30 août de la même année par les corps francs de la libération du Minervois-Cabardès .

EXECUTION DES PRESCRIPTIONS DE LA NOTE 113/1 DU COLONEL
COMMANDANT LES FFI DE R3 EN DATE DU 2 SEPTEMBRE
Rapport succint sur les opérations effectuées par le groupe Minervois-Cabardès du 1er au 30 août 1944



I) Organisation :

Au 1er août, le groupe comprend :
- Le maquis de Citou : 40 hommes ( les maquis de Cabardès ont été dispersés en juillet )
- Les équipes sédentaires des villages du Cabardès, du Minervois et des Basses Corbières s'étendant depuis
Conques jusqu'au delà de Lézignan et de Bize . Au total une force dispersée de 250 hommes environ dont la
moitié à peine est armée de fusils, mitraillettes et quelques fusils mitrailleurs . Ces équipes dont la plupart ont
été formées par le Capitaine RAYNAUD, les autres par le commandant BOUSQUET, n'ont été entrainées qu'au
sabotage . Elles s'entraineront au combat dans les actions mêmes et suivant la valeur des cadres auront plus
ou moins de mordant .
Toutes sont animées de plus pur patriotisme, mais doivent mener leur action dans l'ombre, épiées de tous
côtés par collaborateurs et miliciens qui, chaque jour, font arrêter plusieurs de leurs membres et souvent les
meilleurs . Au fur et à mesure des opérations et des prises d'armes de guerre ( car aucun des parachutages
annoncés n'arrive ), leur nombre accroit .
le 22 août, le Commandant BOUSQUET forme à Narbonne un groupe de choc de 60 Coloniaux bien encadrés
et armés sour les ordres du Capitaine BELLEMERE qui pourront prolonger l'action du groupe du Minervois .
Le commandement du groupe appartient au chef de bataillon BOUSQUET, secondé de la façon la plus efficace
par les Capitaines RAYNAUD et COURNES qui sont jour et nuit sur la brèche pour amener & organiser
transports, ravitaillement, armement, etc...

II) 1ère Phase :

Du 1er au 19 août - Période de sabotages :
Depuis le 6 juin, le groupe est en alerte et accroît les sabotages dans la zone du QG du 4è CA allemand
entre Capendu & Lézignan . L'ennemi réagit en recherchant le maquis ; en juillet, il a réussi déjà à
disperser les maquis du Cabardès ; En août, il recherche en vain celui de Citou à qui il ne peut faire
qu'une victime .
Il multiplie en vain les investigations de la Gestapo et de sa gendarmerie dans le Minervois :
- 2 août : 6 pylônes sont abattus sur la ligne Bordeaux/Sète à CONILHAC ( équipes Rieux, Laredorte,
Castelnau ) - Résultats : Arrêt du trafic pendant 36 heures - Transbordement obligé .
- 8 août : 2 pylônes abattus sur la même ligne à DOUZENS - Résultats : Arrêt du trafic pendant
16 heures .
- 10 août : Prise d'un train allemand en gare d'AZILLE ( équipes de Rieux, Peyriac )
- 13 août : Chute de 2 pylônes de la ligne de 20.000 volts de la SNCF ( équipes de Rieux-Peyriac )
- 14 août : Blocage de 5 trains allemands en gare de BIZE ( équipe de Bize)
- 16 août : Coupure à MARSEILLETTE de toutes liaisons téléphoniques du QG du 4è CA allemand
(équipes Rieux ) - Coupure au pont de PUICHERIC du câble téléphonique souterrain
Bordeaux/Marseille ( équipe, Rieux )
- 17 août : Coupure des liaisons téléphoniques entre LAREDORTE, LEZIGNAN & OLONZAC ( équipes
Lézignan, Laredorte, Olonzac )
- 16 & 18 août : Coupure à MOUX de toutes les liaisons téléphoniques et télégraphiques ennemies
entre CARCASSONNE & NARBONNE ( équipes de Moux & Fontcouverte ) .

III) 2ème Phase :

Du 19 au 24 août - Engagements :
Les équipes sédentaires entrent en action ouverte le 19 août midi, dès que la retraite allemande
se confirme .
- 19 août midi : Attaque à la grenade d'un camion allemand faisant partie d'une colonne de 20
camions par les équipes de Peyriac .
- Résultats : 3 allemands tués, 6 blessés, 1 camion pris .
- Pertes subies : Néant, l'ennemi pille quelques maisons .
- 16 heures : LAREDORTE, Attaque de la garnison allemande de LAREDORTE qui se repliait
( équipes Olonzac,Pépieux, Rieux Laredorte )
- Résultats : 1 allemand tué, 6 blessés, 4 camion pris, 8 allemands prisonniers ainsi que
12 italiens .
- 21 heures : Attaque de flanc par surprise d'une colonne de 12 camions allemands sur la route de
PUICHERIC - LAREDORTE ( équipe de Rieux ) .
- Résultats : 19 allemands tués dont 2 officiers, nombreux blessés .
- Prises : 1 voiture de tourisme, 1 moto, 1 camion abandonné - 2 chars arrivent à la rescousse .
Colonne arrêtée pendant 2 heures .
- Pertes amies : Néant .
- 20 août : La plus grande partie des équipes est réunie à VILLENEUVE-MINERVOIS ( 150 hommes ),
sous les ordres du commandant BOUSQUET . Attaque de flanc d'une grosse colonne allemande de
plus de 40 camions et de 2 blindés, de 18 heures 30 à 23 heures . L'ennemi est obligé de se
déployer et d'attaquer les lisières de VILLENEUVE où il est tenu en échec et se replie dans la
deuxième partie de la nuit .
- Résultats : L'ennemi abandonne 2 motos et 3 camions . Les pertes doivent être lourdes car
on repère, le lendemain, de nombreuses flaques de sang .
- Pertes amies : 1 blessé .
Le groupe reste sur le terrain, les équipes de Rieux, Villeneuve, Citou, Olonzac se sont particulièrement
distinguées .
- 21 août : Attaque d'isolés sur la route dee VILLEGLY-CAUNES - Attaque dans CAUNES d'une voiture
de liaison allemande ( 2 blessés allemands ) .
- 22 août : Attaque d'un groupe de 50 allemands au COL DE SALETTE, entre LESPINASSIERE & ALBINE,
par les équipes de Citoun Peyriac, et Caunes aux ordres des capitaines RAYNAUD & PIQUEMAL .
Après une poursuite de 2 heures, 4 allemands sont tués et 15 prisonniers .
- Pertes Amies : 1 chef d'équipe de CAUNES, tué .
- 20 heures : 2 allemands capturés à RUSTIQUES, par l'équipe de Rieux .
- 23 août, matin : l'équipe d'Olonzac capture 13 allemands à MINERVE et les dirigen sur SAINT-PONS .
- Soir : des éléments de VILLENEUVE - BAGNOLES attaquent les arrières d'une colonne allemande qui
se dirige vers TREBES . L'ennemi subit probablement des pertes .
Attaque de flanc, par surprise, d'une colonne allemande de 17 camions entre PUICHERIC &
LAREDORTE par les équipes de Rieux, Laredorte, Olonzac, Pépieux sous le commandement du
commandant BOUSQUET .
L'attaque par le feu est vigoureusement menée de 18 à 21 heures . Chaque fois que l'ennemi
veut continuer sa marche .
Le groupe du Minervois ne se replie que lorsque les munitions sont épuisées et qu'une compagnie
ennemie menace de déborder sa droite .
- Résultats : Colonne arrêtée pendant plus de 5 heures . 14 otages français délivrés .
L'ennemi avoue, le lendemain avoir perdu 20 morts et de nombreux blessés . Il est obligé
de prendre en remorque 3 camions .
- Pertes amies : 2 blessé léger .
- 24 août : ENGAGEMENT DE RIEUX
A 8 heures sur la foi d'un renseignement indiquant la marche sur RIEUX d'un groupe de 40
allemands environ, l'équipe de Rieux renforcée par celle de MOUX, puis de nombreux hommes
âgés de Rieux ( au total 40 fusils, 10 mitraillettes, 4 fusils-mitrailleurs, 1 mortier de 81),
attaquent l'ennemi aux lisières du village .
En fait, ce sont des éclaireurs d'une colonne de 2 bataillons et d'un gros convoi géorgien .
L'ennemi arrêté tout d'abord, déploie un bataillon de chasseurs (34ème) qui attaque le village
par les 2 ailes, avec l'appui d'une base de feu de 8 mitrailleuses, 2 mortiers, 2 canons légers .
Arrêté pendant 2 heures, il ne peut forcer les lisières du village que par un assaut, les FFI ne
se repliant que lorsque l'ennemi est à 30 mètres .
A partir de midi, l'ennemi pénètre progressivement dans le village où un combat de rue inégal
s'engage ; Soutenu par les éléments de Rieux renforcés par les équipes de Lézignan et de
Laredorte qui ont été alertées .
Maître du village, il en pille une partie achève les blessés et fusille un otage .
La marche sur AZILLE - PEPIEUX est ralentie jusqu'à 17 heures par des éléments de Rieux,
Laredorte, Lézignan qui continuent à harceler de loin les voitures ennemies isolées .
L'ennemi tire au canon et au mortier sur la population réfugiée dans la campagne .
- Résultats : La colonne ennemie fortement éprouvée est retardée pendant plus de 6
heures ( le convoi des Géorgiens était commandée par BANCKOLF, inspecteur de gare
à AGEN ) .
- Pertes avouées : 45 tués, nombreux blessés, 7 prisonniers, 2 camions abandonnés .
- Pertes amies : FFI = 8 tués & 4 blessés - CIVILS : 3 tués & 3 blessés .
PEPIEUX et RIEUX sont en parties pillés .

IV) PHASE :

Après le 24 août, aucune colonne ne traverse la région, les groupes locaux sont employés à la
recherche d'isolés allemands, à des actions de police où 1 FFI de MOUX est tué, et à la récupération
du matériel abandonné par l'ennemi . Ils sont regroupés en sections puis en une compagnie du
Minervois .

CONCLUSION :

S'il y a eu peu de maquis, tous les maquisards et sédentaires ont participé à la lutte
contre l'ennemi avec un désintéressement et une ardeur exemplaires . Le groupe
Minervois-Cabardès a d'abord retardé l'ennemi dans son mouvement sur la ligne
BORDEAUX-SETE, coupé ses liaisons téléphoniques autour du QG ennemi le plus important
et contribué à sa démoralisation .
Le "Boche" sentait un maquis invisible autour de lui . Aussi le 23 août au matin, sa
retraite a t-elle eu plutôt l'aspect d'un sauve-qui-peut .
slt
merci a toi pour ce temoignage!!!!!
tres interessantsWink
cdt
tony
Bonjour,
Interessant, Caparzo, merci.
Tu as des photos, un scan de ce document ?
Si oui, il faudrait le mettre en ligne sur un Site, c'est plus durable et plus "visible" que sur un forum.
Euh non je n'ai rien d'autre que ça.
URLs de référence